ArchiCAD 29 : ne version controversée aux innovations discutables
ArchiCAD 29 suscite la déception parmi les professionnels du BIM, avec des innovations jugées superficielles et un rapport qualité-prix difficile à justifier.
Intelligence artificielle limitée
L’intégration annoncée de l’IA se résume à un simple outil de recherche, fonctionnant uniquement avec les normes britanniques. Cette restriction le rend inopérant pour les projets internationaux. Présentée comme une avancée majeure, cette fonction relève davantage d’un moteur de filtrage amélioré que d’une véritable intelligence artificielle.
Le chatbot intégré, formé sur le contenu d’ArchiCAD et quelques standards du secteur, partage les mêmes limites géographiques. La comparaison avec l’AI Visualizer, rapidement abandonné après son lancement, illustre la difficulté de Graphisoft à proposer une implémentation IA réellement utile.
Des nouveautés cosmétiques présentées comme des révolutions
La plupart des nouveautés d’ArchiCAD 29 consistent en micro-améliorations tardives :
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Rotation rapide : pivot d’objets simplifié, utile mais anecdotique.
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Ouvertures dans les coupes et élévations : amélioration attendue depuis des années.
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Mode sombre macOS : promesse ancienne enfin tenue.
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Import natif OBJ : fonctionnalité bienvenue, mais au coût de performances dégradées.
| Fonctionnalité | Utilité | Commentaire |
|---|---|---|
| Rotation rapide | Modérée | Devrait être un correctif, pas une nouveauté |
| Ouvertures en coupe | Élevée | Attendue depuis des années |
| Mode sombre macOS | Faible | Promis depuis ArchiCAD 26 |
| Import OBJ natif | Modérée | Impact sur les performances |
Ces évolutions donnent l’impression d’une mise à jour en retard sur les besoins réels du marché plutôt que d’une version visionnaire.
Des améliorations techniques bienvenues mais mineures
Quelques points positifs subsistent, comme l’augmentation de la résolution d’export 3D jusqu’à 300 DPI ou la gestion des vues inutilisées. Ces ajouts améliorent le confort de travail, sans pour autant transformer l’expérience utilisateur.
La présentation marketing exagère souvent leur portée : la démonstration officielle, par exemple, compare des rendus à 20 DPI au lieu des 72 réels, accentuant artificiellement l’effet “avant/après”.
Tarification et valeur ajoutée en décalage
Le passage au modèle d’abonnement introduit une hausse importante des coûts, sans contrepartie technologique équivalente. Les utilisateurs paient désormais plusieurs milliers d’euros par an pour des évolutions mineures.
Parmi les rares améliorations notables :
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gestion plus souple des flèches et annotations,
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perfectionnement des tableaux de quantités,
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connexion renforcée à BlueBeam et BIMplus,
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support natif des fichiers OBJ.
Malgré ces ajouts, la perception générale reste celle d’un déséquilibre entre prix et innovation.
Une version symptomatique d’un manque de vision
ArchiCAD 29 donne l’image d’un produit en perte d’inspiration. Les priorités semblent dictées par le marketing plutôt que par l’expérience utilisateur. Cette version incarne la dérive d’une industrie qui préfère les effets d’annonce aux avancées techniques tangibles.
Les professionnels du BIM attendent de futures versions une refonte plus ambitieuse : une véritable intelligence artificielle, des outils de productivité renforcés, et une stratégie tarifaire plus cohérente.


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